Économies de carburant : les erreurs que presque tout le monde fait sans s’en rendre compte

Économies de carburant : les erreurs que presque tout le monde fait sans s'en rendre compte
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Le prix du carburant a beau fluctuer, il reste l’une des dépenses les plus lourdes pour les automobilistes français.

Face à ça, beaucoup cherchent des solutions, parfois en appliquant des conseils lus ici et là, sur des forums, des réseaux sociaux ou transmis par des proches.

Le problème, c’est que certaines de ces habitudes supposément économiques ne servent strictement à rien, et d’autres aggravent même la situation.

Avant de changer votre façon de conduire ou d’entretenir votre voiture, il vaut mieux savoir exactement ce qui fonctionne et ce qui relève du mythe.

Couper le moteur à chaque feu rouge : bonne idée ou fausse économie ?

Beaucoup de conducteurs ont pris l’habitude de couper leur moteur manuellement dès qu’ils s’arrêtent à un feu rouge, pensant imiter le système Start & Stop présent sur les véhicules récents. En réalité, cette pratique peut s’avérer contre-productive, voire dangereuse.

Le système Start & Stop d’origine constructeur est conçu pour redémarrer le moteur en une fraction de seconde, sans solliciter excessivement le démarreur ni la batterie. Ces composants sont spécifiquement dimensionnés pour supporter des milliers de cycles de démarrage. Ce n’est pas le cas d’un véhicule ordinaire non équipé de cette technologie.

Couper et redémarrer manuellement votre moteur de façon répétée use prématurément :

  • Le démarreur électrique
  • La batterie
  • L’alternateur

Le coût de remplacement de ces pièces dépasse largement les quelques centimes économisés en carburant. La règle généralement admise par les mécaniciens est simple : couper le moteur n’est rentable qu’à partir d’une immobilisation d’au moins 60 secondes. En dessous de ce seuil, vous perdez de l’argent.

Rouler au point mort en descente : une erreur que beaucoup commettent encore

L’image est intuitive : si le moteur ne pousse pas, il ne consomme pas. C’est faux, et c’est même l’inverse qui se produit.

Sur un véhicule moderne à injection électronique, lorsque vous relâchez l’accélérateur en restant en prise (sans appuyer sur l’embrayage), le calculateur coupe automatiquement l’alimentation en carburant. La consommation passe littéralement à zéro litre aux 100 km pendant toute la durée de la décélération. C’est ce qu’on appelle la coupure de l’injection en décélération.

En revanche, si vous passez au point mort ou débrayez, le moteur tourne à vide au ralenti et consomme entre 0,5 et 1 litre à l’heure pour maintenir sa rotation. Ce n’est pas énorme, mais c’est toujours plus que zéro.

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Rouler au point mort en descente présente un risque de sécurité non négligeable : vous perdez le frein moteur, ce qui allonge votre distance de freinage et réduit votre contrôle du véhicule.

Surgonfler les pneus pour réduire la résistance au roulement

C’est un conseil qui circule beaucoup, et il repose sur une vérité partielle. Il est exact qu’un pneu sous-gonflé augmente la consommation de carburant en raison d’une résistance au roulement plus élevée. Mais certains en concluent qu’il faudrait surgonfler les pneus au-delà des préconisations constructeur pour aller encore plus loin dans l’économie.

C’est une erreur aux conséquences multiples :

  • Un pneu surgonflé a une surface de contact réduite avec la route, ce qui diminue l’adhérence, notamment en virage et au freinage
  • Il vieillit de façon irrégulière, s’usant davantage au centre de la bande de roulement
  • Il devient plus sensible aux chocs et aux crevaisons sur revêtement dégradé
  • Il dégrade le confort de conduite et augmente les vibrations transmises à la caisse

La bonne pratique est de respecter scrupuleusement les pressions recommandées par le constructeur, indiquées sur l’autocollant généralement situé dans l’encadrement de la portière conducteur ou dans le manuel du véhicule. Ces valeurs sont calculées pour offrir le meilleur compromis entre consommation, sécurité et durée de vie des pneumatiques.

Utiliser un carburant moins cher que celui recommandé

Faire le plein avec du SP95 quand votre moteur est prévu pour du SP98, ou utiliser du gazole ordinaire dans un moteur haute pression, peut sembler une économie immédiate. En réalité, vous risquez de payer beaucoup plus cher sur la durée.

Un moteur conçu pour fonctionner avec un carburant à indice d’octane élevé adapte certes son fonctionnement via le calculateur, mais au prix d’une perte de puissance et d’une consommation accrue. L’économie réalisée au litre est souvent annulée par la surconsommation engendrée.

Dans les cas les plus graves, notamment avec certains moteurs à injection directe ou à fort taux de compression, l’utilisation d’un carburant inadapté peut provoquer des phénomènes de cliquetis qui endommagent les pistons et les segments sur le long terme.

Négliger l’entretien du véhicule pour faire des économies

Reporter le changement de filtre à air, utiliser une huile moteur trop visqueuse ou laisser les bougies d’allumage vieillir au-delà de leur durée de vie préconisée : toutes ces négligences ont un impact direct sur la consommation de carburant.

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Un filtre à air encrassé réduit l’alimentation en oxygène du moteur, qui doit alors travailler davantage pour produire la même puissance. Une huile trop épaisse augmente les frottements internes. Des bougies usées entraînent une combustion incomplète du mélange air-carburant.

L’entretien régulier n’est pas une dépense, c’est un investissement. Un véhicule bien entretenu peut consommer jusqu’à 10 à 15 % de moins qu’un véhicule négligé présentant les mêmes caractéristiques techniques.

Accélérer fort pour passer les rapports plus vite

Certains conducteurs pensent que monter rapidement dans les rapports en accélérant franchement permet de consommer moins, puisqu’on passe plus vite en rapport long. C’est une logique qui se tient en théorie mais qui est mal appliquée en pratique.

Accélérer fortement, même brièvement, génère une demande de carburant élevée que le moteur doit satisfaire immédiatement. L’injection enrichit le mélange, la consommation instantanée monte en flèche. Le gain éventuel lié au passage rapide en rapport supérieur ne compense pas du tout cette surconsommation ponctuelle.

La bonne technique, c’est l’anticipation : monter en rapport dès que le régime moteur le permet, sans jamais avoir besoin d’accélérer fort. Sur une boîte manuelle, passer en rapport supérieur entre 1500 et 2000 tr/min sur un moteur diesel, ou entre 2000 et 2500 tr/min sur un moteur essence, est généralement la zone optimale pour l’économie de carburant.

Faire le plein par petites quantités pour profiter des prix bas

Cette stratégie repose sur l’idée de ne mettre que quelques litres quand les prix sont au plus bas, pour éviter de payer cher un plein complet. En pratique, elle entraîne des allers-retours fréquents à la station, ce qui génère des trajets supplémentaires et donc une consommation supplémentaire.

De plus, un réservoir régulièrement presque vide expose la pompe à carburant à une usure prématurée. Sur de nombreux véhicules, la pompe est immergée dans le carburant qui lui sert de liquide de refroidissement. Rouler souvent avec un niveau très bas peut provoquer sa surchauffe et son usure accélérée.

Faire des pleins complets reste la stratégie la plus simple et la plus saine pour le véhicule, en profitant des applications de comparaison de prix comme Essence & Co ou le site gouvernemental prix-carburants.gouv.fr pour choisir la station la moins chère à proximité.

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Climatisation vs fenêtres ouvertes : le faux débat

On entend souvent qu’il vaut mieux rouler fenêtres ouvertes plutôt qu’utiliser la climatisation pour économiser du carburant. Cette affirmation est vraie à basse vitesse, mais elle s’inverse au-delà d’une certaine vitesse.

À partir d’environ 80 km/h, ouvrir les fenêtres crée une résistance aérodynamique suffisamment importante pour que la surconsommation générée dépasse celle de la climatisation. En ville et sur routes à faible vitesse, couper la clim et ouvrir les fenêtres reste pertinent. Sur autoroute, c’est l’inverse.

Une autre erreur fréquente consiste à laisser la climatisation allumée en permanence même par temps frais. Utiliser la ventilation simple sans activer le compresseur de climatisation suffit largement dans la plupart des situations et ne coûte presque rien en carburant.

Croire que le mode éco suffit à tout régler

Le mode Eco présent sur de nombreux véhicules récents agit sur la cartographie moteur, la réactivité de l’accélérateur et parfois sur la climatisation. Il peut effectivement aider à réduire la consommation, mais il ne remplace pas une conduite adaptée.

Un conducteur qui active le mode Eco puis accélère et freine brusquement, roule à vitesse excessive ou charge inutilement son véhicule, ne tirera aucun bénéfice réel de cette fonction. Le mode Eco est un outil d’assistance, pas une solution miracle. Il fonctionne uniquement en complément d’une conduite souple et anticipative.

Charger le véhicule inutilement

Chaque kilogramme supplémentaire transporté augmente la consommation de carburant. C’est une réalité physique simple : plus un véhicule est lourd, plus il faut d’énergie pour le déplacer. On estime qu’100 kg supplémentaires augmentent la consommation d’environ 0,3 à 0,5 litre aux 100 km selon le type de véhicule.

Beaucoup de conducteurs laissent en permanence dans leur coffre des objets dont ils n’ont pas besoin au quotidien : poussette, outils, matériaux de chantier, équipements sportifs. Vider régulièrement son coffre des objets inutiles est l’une des actions les plus simples et les plus gratuites pour améliorer sa consommation.

La même logique s’applique aux équipements aérodynamiques laissés sur le toit : galerie de toit, coffre de toit, porte-vélos. Même vides, ils créent une résistance à l’air qui peut augmenter la consommation de 10 à 25 % sur autoroute. Retirez-les dès que vous n’en avez plus besoin.

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